Dans Bordure, vous êtes le directeur sportif : vous ne choisissez ni la puissance d’un coureur ni sa trajectoire, vous choisissez où il court. La planification de la saison est donc la décision la plus lourde du jeu, et dans bien des jeux de management la plus pénible : pics de forme réglés course par course, affectations futures perdues, assistant qui épuise ses coureurs. Le planificateur de Bordure prend le problème à l’envers : le staff propose un programme annuel complet, vous modifiez les exceptions, et une décision que vous avez prise n’est jamais défaite en silence.
Ce billet suit une saison dans l’ordre où le moteur la fabrique : les garanties, les priorités, la hiérarchie, les objectifs et leur préparation, les cibles de journées, le générateur, les jeunes, les trois façons de jouer, la révision mensuelle, ce que le staff sait, puis la façon dont on mesure un planificateur et ce qu’il ne fait pas encore bien. Ce qui se passe une fois la course partie est dans le billet sur le moteur de course. Le planificateur vit dans un paquet TypeScript sans horloge ni hasard : mêmes entrées, même programme.
Six garanties avant le premier calcul
Avant de parler de score ou de priorité, le planificateur s’engage sur six invariants. Ils sont vérifiés par des tests qui reprennent les pièges connus des planificateurs de saison : une affectation future écrasée, une course antérieure qui bloque une course à venir, un programme défait par un simple rechargement.
Une course engagée a tous ses titulaires
Avant le départ, une course engagée compte exactement le nombre de titulaires que son règlement exige. Ni un de moins, ni un de plus.
Pas de coureur à deux endroits
Deux départs le même jour sont refusés, comme le sont deux courses dont les dates se recouvrent : une course par étapes réserve tout son intervalle.
Votre décision reste protégée
Une décision manuelle tient jusqu’à une commande explicite de votre part. Retirer un coureur d’une course protège son absence.
Le passé ne se réécrit pas
Une course commencée ou close est figée. Une révision ne touche que l’avenir.
Regarder ne change rien
Consulter, trier ou prévisualiser un brouillon ne modifie ni le programme ni la carrière.
Tout ou rien
Un changement groupé s’applique en entier ou pas du tout, et seulement si la carrière est dans l’état où vous l’avez lue.
Proposer, pas imposer
Les deux écrans que tout joueur attend d’un planificateur sont les objectifs des coureurs et le tableau d’affectation des courses. Dans Bordure, ils éditent le même programme : la fiche d’un coureur explique sa saison, le tableau d’équipe répartit les engagements, et ce sont deux lectures des mêmes affectations, pas deux listes à synchroniser.
Trois notions restent distinctes, parce que les confondre est la source de la plupart des planificateurs pénibles.
Objectif
Une course visée par un coureur, avec une priorité et un rôle souhaité : leader, soutien ou liberté. Il a un auteur (le staff ou vous) et un état : tenu, compromis ou abandonné.
Affectation
Toujours la course entière. Une course par étapes réserve tout son intervalle ; après le départ, seuls les survivants continuent, sans remplaçant.
Préparation
Une fenêtre de forme déduite des objectifs, jamais réglée course par course. Vous dites où le coureur doit briller ; le staff en tire quand il se prépare.
Une course a un niveau public (majeure si toutes les équipes de l’élite y sont invitées) et, pour votre équipe, une priorité A, B ou C. Les deux sont indépendants : une petite course peut être un objectif A pour une équipe qui y a un coureur taillé pour la gagner.
Le rôle annuel d’un coureur sur une course, son leader prévu, préremplit le plan de course au briefing. Le briefing reste modifiable, et le plan de course garde son autorité une fois la course lancée.
Ouvrir une saison en sept étapes
À la création de la carrière, puis à l’ouverture de chaque saison, toutes les équipes du monde sont planifiées dans le même ordre, par la même fonction, sur leurs propres estimations. Rien n’est tiré au sort : le générateur est une fonction pure des entrées figées au moment de la génération (ce que l’équipe sait, le calendrier, le passé et les décisions protégées).
Les intentions sont fixées par le staff : développement avant 24 ans (sauf leader prévu d’une course A), performance sinon. Vous pouvez les changer ; l’entretien n’est jamais attribué automatiquement.
Quand les engagés d’une course suivent la règle d’invitation officielle, une équipe n’y est engagée que si la course tient dans sa capacité du jour et de la saison. Un forfait à la génération reste donc l’exception : il ne concerne guère que les paquets de contenu modifiés qui ne permettent pas de couvrir une course, et il est toujours annoncé par un message.
Priorités A, B et C
La priorité d’une course, pour une équipe, mélange deux choses : à quel point la course compte pour tout le monde, et à quel point l’équipe est taillée pour elle.
Les courses sont ensuite classées par intérêt décroissant, et les plafonds font le reste. Au plus trois courses A, qui ensemble couvrent au plus un quart des journées de course invitées (la première A est admise même si elle est longue). Les autres courses majeures sont B, puis on complète en B par intérêt tant que A et B ensemble ne dépassent pas 65 % des journées. Le reste est C.
Les proportions montrent les plafonds, pas une équipe réelle. L’affinité est relative aux autres courses de la même équipe : un sprinteur n’a pas la même liste A qu’un grimpeur.
La part d’équipes de l’élite se lit sur les engagés de la saison, connus avant la génération des programmes, qu’ils viennent d’une liste fixe ou de la règle d’invitation. Les priorités sont des décisions de saison : la révision mensuelle ne les revoit jamais.
La hiérarchie : cinq paliers, cinq terrains
Le générateur ne choisit pas « les sept meilleurs » : il part d’une hiérarchie. Chaque coureur a un palier par saison, et les leaders et lieutenants ont en plus un terrain qui dit pour quelles courses ils comptent.
| Palier | Ce que le générateur en tire |
|---|---|
| Leader grand tour | Mène les grands tours, et seulement si le calendrier de l’équipe en contient un. Le plus apte au classement général. |
| Leader | Mène les courses de son terrain : classiques, tours d’une semaine, sprints. Au plus deux objectifs de performance. |
| Lieutenant | Soutien protégé du leader de son terrain sur ses objectifs. Leader de repli sur les courses C de ce terrain. |
| Équipier | Porte le volume : c’est lui qui remplit la plupart des places. |
| Jeune | Moins de 24 ans, ni leader ni lieutenant. Il a un minimum de journées à courir (section 08). |
Le terrain est l’un des cinq suivants : plat et sprint, vallons, pavés, montagne, ou classement général. L’aptitude à un terrain est la moyenne de l’aptitude estimée du coureur sur les parcours de ce type que l’équipe va courir. Pour le classement général, c’est la moyenne sur les étapes des courses par étapes, pondérée par le terrain de chaque étape (plat 1, vallonné 2, pavés 2, montagne 2), parce qu’une étape plate se termine groupée et ne donne guère que des bonifications.
À l’ouverture de chaque saison, le staff propose la hiérarchie, avec la même règle pour toutes les équipes :
- Leaders : au plus trois, et pas moins d’un, soit un par tranche de six coureurs. Ils sont choisis un à un, chacun sur le terrain le plus important qui en a encore le moins, de façon à couvrir les spécialités de l’effectif plutôt qu’à prendre les trois meilleurs d’une moyenne.
- Lieutenants : au moins un par leader, le plus apte restant sur son terrain. Un lieutenant prend d’office la spécialité de son leader, que vous pouvez ensuite changer.
- Jeunes : tout coureur de moins de 24 ans qui n’est ni leader ni lieutenant.
- Équipiers : les autres.
Les fourchettes sont des conseils (par exemple de deux à quatre leaders pour dix-huit coureurs), jamais des blocages. Elles sortent en avertissements nommés : trop ou trop peu de leaders, leader sans lieutenant, terrain sans leader ni lieutenant, grand tour sans leader grand tour.
Objectifs, courses clés et fenêtre de préparation
Chaque course A reçoit un leader prévu : le leader de son terrain (le leader grand tour pour un grand tour), à défaut le lieutenant de ce terrain, à défaut un leader parmi les plus aptes de l’effectif sur la course. Si personne ne convient, la course n’a pas de leader prévu et le staff choisira au briefing : une équipe de sprinteurs peut très bien n’avoir personne pour une étape de montagne. Ensuite, chaque leader complète jusqu’à deux objectifs parmi les courses B de son terrain, et les lieutenants du terrain sont soutiens des objectifs de leur leader. Jamais deux objectifs d’un même coureur ne se chevauchent.
4 + 7 + 7 = 18 jours : ce sont les journées du plan d’entraînement du staff, et la condition de la « bande de référence » de forme que vise un coureur sans course sur ces jours.
Pour chaque coureur d’un objectif A, ces dix-huit jours sont réservés : le générateur ne l’aligne pas dans la fenêtre (elle coûte 1 000 points au score de remplissage, ce qui revient à une interdiction). Puis la préparation est évaluée : la forme du coureur est projetée jour par jour avec le programme candidat, et l’objectif est déclaré préparé si le facteur de forme à son premier jour atteint la bande de référence, 1,030. Sinon, le compromis est nommé : « objectif A non préparé ».
Les courses clés
Quand c’est vous qui posez un objectif, la course devient une course clé. Elle passe en priorité A, avec vous pour auteur : elle est protégée et compte dans les plafonds du staff. Le coureur y a sa fenêtre de préparation et sa place de leader ou de soutien, et le staff retire ses propres objectifs à tout coureur dont vous avez fixé les courses clés : elles deviennent sa liste complète.
Poser une priorité B ou C sur une course qui porte des courses clés les retire : elles étaient un pic, plus de pic. Retirer la dernière course clé d’une course rend sa priorité au staff. Autour de vos choix, le staff recalcule ses propres priorités (une course A du staff peut redevenir B quand les plafonds sont atteints), refait les objectifs des courses qui gagnent ou perdent un leader, puis déplace les coureurs dont les courses clés ont changé : ils quittent leurs autres courses à venir où ils n’étaient ni imposés ni sur un objectif, et le staff remplit ces places en respectant leur cible et leurs fenêtres. En « Je planifie tout », il se contente de retirer ses objectifs aux coureurs que vous avez fixés.
Les cibles de journées
Une équipe ne peut pas faire courir tout le monde partout : sa capacité est le nombre de places à remplir, soit la somme sur la saison, pour chaque course, du nombre de coureurs que son règlement lui accorde multiplié par ses journées. La cible d’un coureur est sa part de cette capacité, au prorata d’un poids qui dépend de son palier et de la division de l’équipe.
| Palier | Élite | Pro | Continentale |
|---|---|---|---|
| Leader grand tour | 75 | 85 | — |
| Leader | 90 | 105 | 110 |
| Lieutenant | 100 | 100 | 100 |
| Équipier | 100 | 100 | 100 |
| Jeune | 80 | 85 | 100 |
L’intention « entretien » multiplie le poids de n’importe quel coureur par 0,85. Les cibles sont arrondies aux plus grands restes, si bien que leur somme égale exactement la capacité.
Les poids viennent de repères réels. D’après les statistiques publiques, un coureur de l’élite courait en moyenne 57 jours en 2023 ; les leaders de grands tours se situaient entre 44 et 58 jours, soit de 0,7 à 0,8 fois un équipier, et les records annuels (77 à 92 jours) appartenaient à des équipiers. Les leaders se gardent pour leurs objectifs, les équipiers portent le volume. Pour les divisions inférieures, les poids sont des estimations : une équipe pro vit des points de ses leaders, qui courent un peu plus ; en continentale, les leaders doivent se montrer et les jeunes ne sont pas ménagés.
Un exemple avec Elvane, une équipe fictive du paquet livré avec le jeu : 371 journées-coureur à répartir entre 18 coureurs (3 leaders, 4 lieutenants, 6 équipiers, 5 jeunes). Cela donne 20 journées aux leaders, 22 aux lieutenants et aux équipiers (un des vingt-deux monte à 23 au plus grand reste) et 18 aux jeunes.
Tenir une cible, ce n’est pas la suivre à la lettre
Une course est indivisible : on ne promet pas d’atteindre une cible à l’unité. Le générateur applique donc une pression sur le score de chaque place. Jusqu’à la tolérance, elle est faible et dépend de la priorité : rien sur une course A, où part l’équipe la plus forte, de l’ordre d’un point par journée sur une B et de deux sur une C. Au-delà de la cible plus une tolérance (dix pour cent de la cible, trois journées au moins), chaque journée de trop retire 40 points au score, quelle que soit la priorité.
Cette dernière règle est récente, et elle corrige un défaut mesuré. Sans elle, les leaders couraient beaucoup trop : sur le calendrier réel, les leaders de grand tour de l’élite totalisaient en moyenne 65,7 journées pour une cible de 48, avec des cas jusqu’à 26 journées au-dessus. La cause était simple. La pression valait zéro sur les courses A et un point par journée sur les courses B, alors qu’un leader a vingt à vingt-cinq points d’aptitude de plus qu’un équipier : aucune pente aussi faible ne pouvait les départager. Après la correction, aucune moyenne de palier ne dépasse sa cible plus sa tolérance (trente et un dépassements avant, zéro après, sur cinq graines).
Les cibles limitent le nombre de journées, pas leur enchaînement. Le générateur projette donc aussi la forme de chaque coureur jour après jour. Chaque coureur porte une dette de récupération : elle monte quand il enchaîne des journées exigeantes sans vraie journée légère, et redescend lentement. Au-delà d’un seuil, elle entame sa forme : c’est la fatigue accumulée, plafonnée à 8 %. Une charge chronique élevée mais alternée avec de la récupération ne la fait pas monter ; de l’intensité sans aucune coupure la porte jusqu’au plafond. Un coureur dont la projection montre plus de 14 jours de suite à 2 % de fatigue accumulée ou plus est retiré d’une course déplaçable au profit d’un remplaçant qui n’est pas en surcharge.
Le générateur : un score, cinq étapes
Le générateur remplit chaque place de chaque course engagée. Il n’a pas de solveur global : ce sont cinq étapes lisibles, toujours dans le même ordre, sans aucun tirage.
- Ce qui est déjà décidé. Courses commencées ou closes, présences, absences et leaders que vous avez imposés, stages en cours.
- Les objectifs, A puis B. Par intérêt décroissant, le leader avant ses soutiens, avec la fenêtre de préparation de chaque coureur réservée.
- L’exposition des jeunes. Des places réservées pour que chaque jeune atteigne son minimum de journées (section 08).
- Le remplissage. Course par course, en commençant par celle qui a le moins de candidats disponibles ; pour chaque place, le coureur au meilleur score.
- La réparation. Une passe bornée de remplacements et d’échanges qui réduit la surcharge ou le déficit d’exposition sans découvrir une place ni compromettre un objectif A.
Commencer par la course qui a le moins de candidats est l’heuristique classique des problèmes de placement : on traite d’abord ce qui est le plus contraint, pour ne pas découvrir à la fin qu’une course ne peut plus être remplie. La passe de réparation est limitée à trois mouvements par coureur et soixante par équipe, et un mouvement n’est gardé que s’il réduit son problème sans en créer un nouveau.
Le résultat porte une issue explicite :
Tout est couvert
Chaque place est remplie, chaque objectif tient, aucun jeune n’est sous son minimum, aucune surcharge durable.
Des causes nommées
Objectif non couvert, objectif A non préparé, jeune sous son minimum, surcharge de plus de 14 jours : chaque compromis est dit, jamais caché.
Une place ne peut pas être remplie
En révision, le programme précédent est gardé. À la première génération, la course est déclarée forfait avec un message.
Un solveur trouverait parfois des solutions qui demandent trois déplacements coordonnés, et une répartition plus régulière. On les perd. En échange, on garde une saison complète, les mêmes règles pour tous, des décisions persistantes, des explications et des corrections groupées. Le solveur fin sera repris si des saisons jouées montrent ce qu’il apporterait.
L leader · T titulaire · J place d’exposition d’un jeune (annotation du staff) · ≈ complété par le staff · prépa fenêtre de préparation réservée, le coureur ne court pas.
Un tableau d’équipe lit ce programme en coureurs × courses. Les marques sont toujours doublées d’une lettre ou d’un libellé : jamais une couleur seule.
Faire courir les jeunes
Un jeune qui ne court pas ne gagne aucune expérience. Chaque équipe garantit donc à chaque coureur de moins de 24 ans un minimum de journées : le plus petit de dix et de la moitié de la capacité moyenne par coureur (capacité de l’équipe divisée par son effectif). Une équipe qui court beaucoup en demande dix ; une petite équipe en demande moins, parce qu’elle a moins de places à donner.
- Le minimum est programmé dès février et compte toutes les participations, courses B et C comprises.
- Plusieurs jeunes peuvent recevoir une place la même journée. On commence par les courses qui en comptent le moins.
- Les places d’exposition sont d’abord réservées sur les courses C, puis B. Sur une course A, un jeune ne prend qu’une place d’équipier, et seulement s’il a le niveau : son aptitude estimée n’est pas inférieure de plus de 8 points à celle de l’équipier qu’il remplace. Il n’est jamais leader par la seule règle d’exposition, et le leader prévu comme ses soutiens protégés ne sont jamais déplacés pour lui.
- Un jeune qui n’a pas ce niveau n’est pas aligné sur une course A : son minimum se complète sur les courses B et C.
- Vous pouvez déroger, et le déficit reste affiché.
Courir nourrit l’expérience d’un jeune comme celle de n’importe qui, mais le programme ne lui ajoute aucun bonus d’apprentissage : l’exposition lui offre des occasions, pas une progression plus rapide. Quand l’effet a été mesuré, ni l’intention ni l’exposition ne distinguaient deux jeunes au test de puissance. Le programme les fait courir parce que c’est le travail d’une équipe, pas pour acheter de la progression.
Trois façons de jouer le programme
Certains joueurs veulent tout déléguer, d’autres tout régler, la plupart quelque chose entre les deux. Le réglage « Programme » de votre équipe a donc trois valeurs, modifiables à tout moment. Les équipes adverses jouent toujours la première.
| Réglage | Hiérarchie et courses clés | Programme |
|---|---|---|
| Le staff planifie tout | Proposées et révisées par le staff. | Généré et révisé par le staff ; vos exceptions restent protégées. |
| Je fixe la hiérarchie et les courses clés | Les vôtres. Le staff ne les modifie jamais. | Généré et révisé par le staff à partir d’elles. |
| Je planifie tout | Les vôtres. | Le vôtre. Le staff ne modifie rien : il avertit, et propose sur demande. |
Dans les trois cas, le programme reste modifiable case par case.
Changer de réglage ne réécrit pas le programme. C’est une décision de jeu, pas de présentation : elle est journalisée et passe par une commande, comme toute autre. À l’ouverture d’une saison, le réglage détermine ce qui est reporté. Avec « Le staff planifie tout », le staff repropose la hiérarchie en reportant vos paliers protégés. Avec « Je fixe la hiérarchie », la vôtre est reportée telle quelle ; un coureur qui a atteint 24 ans quitte le palier des jeunes, avec un message. Avec « Je planifie tout », le programme s’ouvre vide et la proposition complète du staff attend, en attente, que vous l’appliquiez, la modifiiez ou l’écartiez.
Le dernier recours
Une course doit toujours pouvoir être courue, même si vous n’avez rien fait : c’est le deuxième pilier du jeu. La veille du premier jour d’une de vos courses dont la sélection est incomplète, l’avance du temps s’arrête. Le staff complète alors la course avec le générateur, en gardant les titulaires déjà posés, au nom du staff, avec un message important et une entrée de journal. Si rien ne peut la compléter, la course est déclarée forfait.
Une révision par mois, par réparation
Un programme généré en janvier est faux en mai : un coureur est blessé, un autre est plus en forme que prévu, un dossier a bougé. Chaque mois, le staff révise donc la partie du programme qu’il a le droit de toucher, de la même manière pour toutes les équipes.
Dates du calendrier du paquet de référence : la règle est « le dernier jour du mois, de l’ouverture de la saison jusqu’à la dernière course ».
Pourquoi le dernier jour du mois, et pas le premier ? Une révision placée le 1er, après le changement de jour, ferait consommer deux jours à une avance d’un jour, perdrait les messages importants du 1er, et ferait dépendre l’ordre entre la révision et une course du 1er du chemin suivi (regardé ou délégué). C’est le sixième pilier du jeu : la façon dont on avance dans le temps ne doit jamais changer la simulation.
Ce que la révision n’a pas le droit de toucher
On appelle J le lendemain de la révision. Sont gelés : les courses passées, commencées ou closes ; celles dont le premier jour tombe avant J + 14 (la course du quinzième jour reste révisable) ; toutes vos décisions ; les coureurs d’un objectif dont la préparation a commencé, qui restent sur leur course ; et les décisions de saison (hiérarchie, priorités, objectifs, intentions, cibles), que la révision ne revoit jamais. La révision ne lit pas non plus la progression des coureurs, seulement les dossiers du staff : le quatrième pilier s’applique ici aussi.
Réparer, pas regénérer
La première idée aurait été de regénérer la zone libre chaque mois. Mesuré, cela changeait 7,45 % des places sans aucune cause : un programme qui bouge pour rien est un programme qu’on ne croit plus. Alors la révision répare. Les titulaires de la zone sont repris avec leurs rôles ; un titulaire qui ne peut plus courir sort et sa place est refaite ; les réparations bornées (jeunes, surcharge projetée) font le reste. Sans problème nommé, la révision ne change aucune affectation.
Chaque mouvement a une cause écrite au journal : « indisponible », « place libre », « surcharge », « exposition », ou « niveau », une passe qui échange un titulaire quand le dossier d’un coureur a creusé un écart d’aptitude et de score nouveau depuis la révision précédente. Un changement sans cause est un défaut.
Ce que le staff peut vous proposer
Quand la meilleure réparation passerait par l’une de vos décisions, le staff ne la défait pas : il vous la propose. La liste des propositions est fermée :
- un coureur que vous avez imposé est en surcharge projetée de plus de 14 jours, et seule une course où il est imposé permettrait de le soulager : retrait de cette course, avec son remplaçant ;
- un coureur imposé court dans la fenêtre de préparation d’un de ses objectifs A : retrait de cette course.
Une proposition n’est jamais appliquée sans vous, même quand elle expire (elle expire quand la course part ou que sa prémisse disparaît). Vous l’acceptez, ou vous la refusez, et le refus est mémorisé : la proposition ne revient pas de la saison. Sa clé est la saison, la nature du problème, le coureur imposé et la course, mais pas le remplaçant : une proposition refusée ne revient pas parce que le meilleur remplaçant a changé. Elle revient seulement si vous rendez la main au staff sur cette course ou ce coureur, si le coureur abandonne, ou s’il reçoit un nouvel objectif. Une proposition acceptée ou refusée est une décision de plus, protégée comme les autres.
En mode « Je planifie tout », la révision ne change rien et ne propose rien : elle n’émet que des avertissements.
Un coureur se blesse
Une blessure ne peut pas attendre la fin du mois. Quand une équipe a un nouveau blessé (moyen ou lourd), il est retiré de toutes ses courses à venir qui touchent son indisponibilité, gel de 14 jours compris et même s’il y était imposé : c’est un fait, pas une décision. Le générateur, en mode révision, remplit alors les places. En mode « Je planifie tout », le blessé sort et rien n’entre : c’est le dernier recours qui complète la course la veille du départ. Un simple abandon, en revanche, ne rend personne indisponible.
Chaque révision laisse un compte rendu dans la boîte de réception : chaque changement du staff avec son « pourquoi », les propositions en attente avec « Accepter l’échange » et « Refuser », celles qui ont expiré, les refus de la saison et les diagnostics du moment (surcharges, jeunes sous leur minimum, objectifs A et leur préparation projetée). Sans proposition, rien n’est obligatoire : fermer le compte rendu suffit.
Ce que le staff sait vraiment
Le générateur ne lit jamais les attributs exacts d’un coureur : sinon, votre staff serait omniscient et le quatrième pilier mentirait. Chaque équipe tient un dossier de chacun de ses coureurs, c’est-à-dire des estimations. L’aptitude estimée à une course est calculée sur ces estimations, avec le même calcul que celui du jeu.
- Le départ. Les notes du contenu, avec un biais persistant propre à chaque équipe, chaque coureur et chaque attribut, tiré une fois pour toutes (environ 3 points sur les quatre qualités mesurées par les tests, 5 sur les autres). Il ne dépend que de la graine et des identifiants : on ne le range même pas dans la sauvegarde.
- Ensuite, vos tests. Les quatre qualités mesurées (plat, vallons, montagne, sprint) suivent les tests de puissance que l’équipe a rangés. À chaque nouveau test, le dossier se déplace des trois huitièmes vers ce que le test indique, à partir d’une ancre posée au premier test de l’effort. Un test ne fixe jamais un niveau : une fenêtre manquée ne change rien, un test partiel ne met à jour que ses efforts.
- Rien d’autre. Le dossier ne lit que la graine, le contenu et les observations de l’équipe, jamais une note effective, un plafond caché, la progression ni les observations d’une autre équipe.
Les mêmes règles pour tous
Même générateur, mêmes cibles, même politique d’exposition, même calendrier de révision. Aucune règle ne lit le réglage « Programme » d’une équipe adverse, qui joue toujours « Le staff planifie tout ».
Du public, rien d’autre
Des équipes adverses, vous ne voyez que ce qui est public : invitations, partants publiés, résultats passés. Aucun de leurs programmes.
Aucun tirage
Les égalités se tranchent par identifiant. Mêmes entrées, même programme, sur n’importe quelle machine.
La révision de carrière
Chaque mutation incrémente un compteur. Une proposition calculée sur une révision dépassée est refusée proprement, y compris après une course, un test ou une consigne.
Mesurer un planificateur
« Le programme est bon » ne se prouve pas par un exemple. Le banc de planification joue des saisons complètes sur plusieurs graines et compare deux bras appariés : G, le monde où toutes les équipes jouent le planificateur ; et F(X), le même monde, sauf une équipe X que l’on remet à l’ancienne sélection figée (ses meilleurs coureurs partout, aucun objectif, des pics sur toutes les courses). Le rapport des points de saison de X dans G et dans F dit ce que coûte, ou rapporte, le planificateur. Huit équipes servent d’étalon : quatre de l’élite, quatre de la division pro.
| Critère | Seuil | Mesure |
|---|---|---|
| Pics : objectifs A dont la préparation atteint la bande | au moins 90 % | 95,6 % |
| Charge : périodes de plus de 14 jours en surcharge | aucune sans avertissement | 0 |
| Qualité : écart d’aptitude des partants d’une course A aux sept meilleurs | au plus 1 point | 0,62 point |
| Cibles : moyenne de palier au-delà de la cible plus la tolérance (sonde sur le calendrier réel, 5 graines) | aucune | 0 (31 avant) |
| Points de saison de G rapportés à ceux de F | 85 % (révisé le 6 octobre) | 75,3 % |
La dernière ligne demande une explication, parce que c’est la seule qui ne passe pas. Elle ne dit pas que le programme a perdu des points. Voici les points de saison cumulés des huit équipes avant la correction des cibles (section 06) et après :
G ne baisse pas : il gagne 3 %. C’est F qui monte de 21 % : les autres équipes tiennent désormais leurs cibles et ménagent leurs leaders, si bien que l’équipe figée, qui aligne les siens partout, affronte des plateaux plus faibles.
Le rapport mesure donc ce que coûte la discipline des cibles face à une équipe qui n’en a pas, pas une baisse du programme. Entre deux critères en conflit, nous avons tranché : les cibles priment sur les points relatifs. La piste pour remonter le rapport n’est pas une pente plus faible, c’est un critère qui ne compare plus à une équipe hors cibles.
Côté coût, la planification n’est pas un goulot. À l’arrivée du planificateur, générer le programme d’une équipe prenait 2 à 4 ms, celui de toutes les équipes à la création d’une carrière 140 à 200 ms, et réviser les 36 équipes 35 ms en moyenne ; les vues du programme se calculent en moins de dix millisecondes.
Ce qui n’est pas encore juste
Les nombres d’un planificateur sont des compromis, pas des vérités. Voici ce que nous savons ne pas encore bien faire.
- Le rapport aux points relatifs est à 75,3 %, pas à 85 %. Nous avons choisi de faire primer les cibles. La baisse vient de l’étalon F, pas du programme (section 12), mais le critère reste à réécrire pour ne plus comparer une équipe à une version d’elle-même hors des règles.
- Des coureurs isolés restent au-delà de leur cible. Les moyennes de palier tiennent, mais quelques lieutenants de l’élite (de zéro à quatre sur soixante-douze, selon la graine) dépassent encore la leur, de vingt-sept journées au plus. Le générateur remplit chaque place qui a un candidat : la pression ne fait que choisir entre eux. Ces cas ne sont pas encore analysés coureur par coureur.
- Un objectif A peut en écarter un autre. Si une course A tombe dans les dix-huit jours qui précèdent l’objectif d’un leader, il ne la court pas : c’est le prix de la fenêtre réservée, et la source principale des écarts d’aptitude résiduels sur une course A.
- Pas de solveur global. Trois déplacements coordonnés sont hors de portée de la passe de réparation. Nous préférons une saison lisible à une saison optimale.
- Certains poids sont des estimations. Les repères réels étayent les leaders de grands tours et les équipiers de l’élite ; le poids des autres leaders et ceux des divisions inférieures sont des estimations. La colonne des équipes de moins de 23 ans est réservée à un paquet de contenu qui définirait cette division.
- Vous ne voyez pas les programmes adverses. C’est voulu (quatrième pilier), mais cela rend la lecture d’un calendrier adverse plus difficile : on ne devine leurs leaders que par leurs invitations et leurs partants publiés.